03 mars 2006
Caspar David Friedrich
Un vent romantique souffle sur ma table de travail. Erosion, griffes, brûlures... d'étranges dessins l'habitent, que je découvre presque chaque jour.
Est-ce parce que Dominique Penloup a évoqué hier les études des arbres de Caspar David Friedrich dont j'aime la finesse tourmentée ? *
"Ferme les yeux de ton corps pour voir d'abord la toile avec les yeux de ton esprit. Ensuite, laisse émerger en plein jour ce que tu as vu dans l'obscurité de ton être de façon à ce que les spectateurs vivent le processus inverse et laissent pénétrer dans leur monde intérieur ce qu'ils ont d'abord vu avec les yeux de leur corps."
Caspar David Friedrich
*
- Ebauches de la neige et du vent -
15:30 Publié dans Au coin de l'oeil | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
08 février 2006
Rêve d'écume
*
*
*
*
*
Il a suffi d'un bouton de nacre, aussi fragile qu'une fleur d'écume, pour que la vague de Katsushika Hokusai se gonfle à nouveau de ces vents fous proches du mont Fuji, et déferle jusqu'à ma table, ici, à Bruxelles.
- Les mots s'irisent au coin des lèvres, bleu abyssal -
14:15 Publié dans Au coin de l'oeil | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
18 janvier 2006
Clin d'oeil à Frantisek Kupka
La tige volubile des liserons se promène...
Petite phrase qui me trottait dans la tête depuis ce matin. Je m'étais réveillée en me souvenant d'un dessin de Kupka, d'une joie immédiate et un peu folâtre : "Une ligne se promène...". Il m'avait sauté aux yeux il y a quelques années, au détour d'une exposition surprenante sur l'évolution du peintre, de l'illustration vers l'abstraction.
J'ai retrouvé cette carte postale d'une "femme se baissant pour cueillir une fleur". Je venais de dessiner, machinalement, la tige volubile des liserons... Décidément, impossible de me libérer de ses arabesques avant de l'avoir tracée sur le papier !
17:45 Publié dans Au coin de l'oeil | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
04 janvier 2006
Egon Schiele
Le ciel est bleu... le ciel est d'or pur... Cet hiver...
Et pourtant, la peau se craquelle. Ses contours, nets, noircis par le froid, se fendillent.
Egon Schiele capture les reflets brûlants de la chair, de la vie, d'un trait sombre et nerveux, haché, couturé.
Blessé.
Les couleurs palpitent. Les contours s'écorchent au réel.
Se recroqueville en solitaire, dans l'effroi (ou l'extase lucide ?) pour écouter battre son sang...
- D'une promenade en forêt, où j'ai pensé à lui -
12:27 Publié dans Au coin de l'oeil | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
23 décembre 2005
Eau secrète
Kees Van Dongen, La femme au grand chapeau, 1906
Je plonge en mes tiroirs à la recherche d'un vieux plumier et s'échappe d'une boîte une carte postale dans laquelle je tombe, engloutie, comme la toute première fois où j'ai vu ce tableau, là, à portée de doigt...
Son visage est d'eau secrète, dans le silence d'un étang, au coeur d'une forêt.
Immobile, tendue vers un son inaudible, le frôlement d'une onde...
Ce rouge qui révèle ses joues chauffe les miennes.
Je l'imagine plus que je la voie, aspirée par son rêve, sous la surface de l'eau.
13:17 Publié dans Au coin de l'oeil | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
16 décembre 2005
Oskar Kokoschka
(Grand Palais - Paris- Vienne 1900)
Le peintre, la musicienne, l'art de danser la vie.
Au Jardin d'Eden ou dans une jungle plus mystérieuse et sauvage ?
L'angoisse lui mange le regard ; absorbé par l'instant, il est conscient de l'éphémère. Plus sereine, elle lui soutient le visage : c'est elle qui conduit leur étrange virevolte...
Oskar Kokoschka se jette sur sa toile goulûment, sculpte la chair vive. Sa force, sa vigueur, sa rusticité éclatent de sensualité... Tandis que les gestes et les regards frissonnent, vulnérables. On y perçoit le vif et l'indécis. La vitalité et l'effroi.
Le trouble de la tempête.
17:30 Publié dans Au coin de l'oeil | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note